VIOLENCES PSYCHOLOGIQUES DANS LE COUPLE, LE MAL INSIDIEUX ET INVISIBLE.

Merci à Lily pour sa contribution que CVP partage avec vous

violence verbale

J’ai longtemps hésité à sortir ma plume pour aborder le sujet. Parce que cela m’oblige à me mettre à nu. Mais il y a trop de femmes, d’enfants et même d’hommes parfois, qui souffrent de ce mal silencieux, invisible, incompris et impossible à prouver.

Il y a trop de douleur et de détresse derrière ces agissements qui détruisent doucement mais sûrement ceux qui en sont victimes.

Il y a trop de honte et de culpabilité.

Alors je vais témoigner. Pour me libérer. Pour être comprise. En espérant que peut-être, en lisant ces lignes, d’autres comprendront ce que vivent leurs proches, victimes de ces violences. Qu’une victime se reconnaîtra et qu’elle pourra elle aussi faire un pas vers la sortie de ce cauchemar.

C’est d’abord un être charmant que vous rencontrez. Il séduit tout son entourage, parle bien, se vend bien.

Peu à peu dans la sphère privée les choses changent. Insultes, paroles dégradantes, critiques incessantes.

Chaque jour, pendant des années.

Mais ce n’est pas de sa faute. C’est vous le problème.

Si vous faisiez un effort il ne vous parlerait pas aussi mal. Il ne serait pas obligé de vous faire des remarques.

Vous êtes entre les mains de ce que les psys appellent un pervers narcissique.

Vous cuisinez mal, vous habillez mal, vous occupez mal de vos enfants, vous occupez mal de votre maison, vous occupez mal de lui.

Vous travaillez mal, trop, pas assez.

C’est vous la cause de votre malheur.

Peu à peu vous en êtes convaincue. Vous ne valez rien, jamais rien de ce que vous faites ne trouve grâce à ses yeux.

C’est de votre faute, vous n’avez qu’à changer.

Vous essayez de changer, de comprendre. Mais rien ne bouge. Chaque jour vous entendez les mêmes paroles, chaque jour vous êtes un peu plus persuadée que vous êtes une sous-personne, qu’il est bien bon de rester avec vous, qui ne valez rien.

Vous ne le méritez pas.

Rassurez-vous, il ne partira pas. Il a trouvé une victime.

Il a besoin de vous dominer, de vous placer en sujet inférieur pour se sentir exister.

Il souffle le chaud pour mieux souffler le froid. Il alterne les paroles humiliantes, rabaissantes, avec les grandes déclarations. Ne voyez-vous pas qu’il vous aime puisqu’il reste avec vous malgré tout ?

Si vous avez des enfants c’est pire, si vous partez vous le détruirez et détruirez votre famille.

Tout est de votre faute et tout sera de votre faute.

Vous avez l’impression d’avancer à tâtons dans un tunnel sombre. Jamais vous ne voyez la sortie. Vous ne contrôlez plus rien, votre vie vous échappe. Vous vous enfoncez peu à peu dans la dépression. Voyez, vous ne faites aucun effort, vous devriez arrêter de pleurnicher et vous prendre en main… Votre mal-être le nourrit.

Vous ne comprenez pas d’où vient le mal. On vous a dit que cela venait de vous. Mais malgré tous vos efforts rien ne change.

Votre corps commence à vous parler. Vous somatisez votre douleur.

Partir ? Pourquoi ? Le problème vient de vous, il vous suivra. Et puis il sera tellement malheureux si vous le quittez. Il vous aime il vous l’a dit.

Chaque matin vous vous levez avec l’idée de plus en plus présente que votre seule chance d’en sortir est de choisir une fin radicale. Seuls vos enfants vous maintiennent en vie.

Vous n’en parlez pas. Qui pourrait comprendre ? Vous-même vous ne comprenez pas. Vous avez fondé une famille, vous devez montrer que vous êtes heureuse. Et puis de toute façon vous l’avez bien cherché. Vous êtes la cause du mal qui vous ronge. Il vous l’a dit, répété.

Vous avez perdu la plupart de vos amis, votre dignité, l’estime de vous-même. Vous perdez votre santé, votre force, votre volonté de survivre.

Et puis un jour, peut-être, vous ouvrez les yeux. La sortie est là, devant, éblouissante de lumière. Vous devez fuir. Mettre le plus de distance possible entre vous et celui qui est devenu votre bourreau.

Ne réfléchissez pas. Partez. Si vous avez des enfants ce sera d’autant plus dur mais aussi d’autant plus facile. Vos enfants vous donnent des ailes, ils ont besoin de vous, pas de la serpillère que vous êtes devenue. Ils vous lieront à tout jamais à cet être que vous devez fuir, mais vous deviendrez plus forte.

Vous comprendrez peu à peu que vous n’êtes pas une mauvaise mère, une mauvaise femme. Que toutes les  paroles que vous avez entendues, qui vous ont hachée menue durant toutes ces années n’ont pas de réalité. Elles n’engagent que lui, elles ne vous concernent pas. Il ne s’agit pas de vous, mais de la personne qu’il a voulu que vous deveniez pour le faire exister.

Soyez prêtes, la bataille pour retrouver votre liberté ne fait que commencer.

Il tentera de vous récupérer. Il ne peut pas vivre sans vous. Fuyez !

Il continuera les critiques, les reproches et les insultes. Vous avez détruit sa vie. Fuyez !

Il utilisera vos enfants pour vous culpabiliser. N’écoutez pas, protégez vos enfants. Fuyez !

Et parlez. Parlez à ceux qui veulent bien entendre. Parlez à ceux qui vous font du bien. Parlez à ceux qui vous valorisent.

Il vous a pris de nombreuses années de votre vie. Laissez-les derrières vous. Seul compte votre avenir. Vous allez refaire connaissance avec vous-même.

Vous ne le méritez pas, vous méritez mieux ! Vous méritez d’être heureuse, vos larmes ont assez coulé pour toute une vie. Vos enfants méritent que vous soyez heureuse.

Je remercie infiniment tous ceux qui m’ont soutenue et me soutiennent encore. Je ne citerai pas vos noms afin de ne pas vous exposer. Vous êtes mon roc, ma bouée de sauvetage.

Si en me dévoilant je réussis à aider ne serait-ce qu’une personne j’aurai le sentiment d’avoir fait mon devoir.

Si vous vous reconnaissez dans ce récit, ne restez pas seule, vous pouvez m’écrire, je répondrai.

©lesbavardagesdelily

 

2 comments

  1. Bonjour, comme je me reconnais dans ce témoignage , mon prince charmant s est transformé en vilain crapaud, m emmenant loin de ma région, de ma famille , de mes amis ( que je n ai plus d ailleurs) . Il a fait de moi son souffre douleur, m à transformé en une femme terne et vide de tout. Il m a aliéné, mais voilà, tout à une fin, et là, ça y est, je vais fiche le camp de cet enfer, chez moi, personne ne m à oublié, ma famille me porte à bout de bras pour m encourager à revenir dans ma région, en plus, je n ai pas d enfant donc rien ne me retiens. Avec le 3919, j ai compris qu attendre était plus un danger qu autre chose. Ça y est, je me suis enfin réveillée de ce cauchemar, je redeviens une personne, une femme qui a enfin compris que j ai le droit d exister, de travailler, de penser, de ne plus être emprisonnée comme je le suis. J ai perdu des batailles avec lui mais j ai gagné la guerre!! La pute, la salope, la ratée bonne à rien, celle qui n est pas irremplaçable tire enfin sa révérence. Vous avez raison, je ne le mérite pas, je mérite mieux… À toutes celles qui sont encore dans le flou, courage, quand on relève la tête , il y a toujours une main tendue, et cette main peut changer votre vie, alors prenez là et fuyez.

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