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FORMATION A L’EMAP – RÉUNION

Mardi 27 septembre 2016, un atelier-formation de trois heures était proposé aux apprenants de l’EMAP (Ecole des Métiers de l’Accompagnement de la Personne).
C’est avec un grand plaisir que j’ai animé cet atelier, destiné à informer sur les violences psychologiques intra familiales, et sur le rôle et la posture à avoir en tant qu’accompagnant.

Réunion EMAP 1
Réunion EMAP 1

Les participants à cet atelier étaient volontaires pour y venir.
Et ils étaient presque trente à écouter cette formation, à participer, intervenir, poser de nombreuses questions. Parfois, des questions personnelles, les thèmes abordés réveillant des douleurs personnelles inconnues ou profondément enfouies.
Tous inquiets du rôle à jouer, de la manière dont on peut accueillir, écouter et interroger une personne victime, qui ne se présentera pas toujours en le disant, qui, souvent, le paiera, et demande de l’aide pour une autre question.
Une réflexion a été menée sur la question de la bienveillance. Qu’est-ce qu’un accompagnant bienveillant lorsqu’il reçoit pour la première fois, ou pendant un accompagnement, une victime ? C’est celui qui va autoriser cette victime à quitter cet état, cette posture qui lui a été imposée par un de ses parents, parfois les deux, par son conjoint, par sa compagne…
Se dire victime est essentiel. Il est aussi essentiel de ne pas le rester. Cet état est une souffrance mais ne doit en rien être une condamnation à vie. Personne ne devrait prendre perpétuité dans la souffrance; Et c’est à celles et ceux qui s’engagent auprès des personnes en souffrance de savoir, de faire en sorte de ls aider à en sortir.
Si les remises en cause sont parfois nécessaires, il ne s’agit pas de remettre en cause la parole reçue, mais d’aider à al reformuler, à mettre des mots sur des faits, à se les réapproprier (en tant que victime), pour pouvoir se positionner différemment;

Il ne faut jamais perdre de vue qu’une victime a été chosifiée. Adopter la posture de sujet, de décidant dans l’action ou la pensée, est un des obstacles à lever. Entendre que la souffrance est psychologique, mais également physique, et que certaines pathologies parfois chroniques sont liées à de la violence tue est une étape importante. Cela permet à la victime de faire le lien entre son histoire et la réalité, mais également de faire sienne cette réalité dont il ou elle se sent parfois totalement détaché.
C’est en abordant ce point que nous avons parlé de la dissociation et du clivage, phénomènes psychiques si fréquents chez les victimes. S’ils constituent des mécanismes de défense permettant de s’éloigner de ses émotions,e t de s’en protéger, cette difficulté voir incapacité à ressentir fait paradoxalement souffrir la personne victime, puisqu’elle se voit détachée d’elle-même et ne sait pas ou plus qu’elle émotion peut être appropriée ou même légitime lorsqu’elle se retrouve mise en difficulté, agressée…

Or, ne pas comprendre ses émotions, ne pas les entendre et ne pas pouvoir les entendre, autorise paradoxalement un autre phénomène extrêmement dangereux : la reproduction d’un schéma déjà connu par la victime, schéma auquel elle peut s’identifier, qu’elle comprend et pense contrôler. En étant dans ce mécanisme, la victime croit agir et croit être maître de ses pensées et actions, mais elle oublie ce malaise qui demeure, générateur d’angoisses (entre autres) à terme. Elle reçoit ce qu’elle a toujours reçu, elle donne ce qu’elle a toujours donné, et reste enfermée dans un mode de fonctionnement destructeur mais dont elle ne peut sortir seule;
C’est également le rôle de l’accompagnant, avec une posture bienveillante, de l’aider et de l’amener à comprendre qu’un autre schéma plus positif et plus en accord avec qui elle est peut être mis en place.
Il s’agit, brièvement, de faire sortir cette victime de sa zone de confort.
Jusque là la victime ne ressent rien ou nie ce qu’elle ressent lorsque la souffrance prend trop de place. Elle se sent même bien, elle va prendre parti pour son agresseur contre l’entourage aussi bienveillant soit-il. Elle vit un mélange d’émotions qu’elle nie dans le même temps, allant de la peur à la honte. Mais elle sait ou croit savoir quoi faire, quoi dire et quoi penser.
Permettre à la victime de sortir d’un schéma destructeur c’est la conduire en dehors de cette zone de confort qu’elle a du adopter sans s’en rendre compte et lui permettre de mettre en place un autre fonctionnement en accord avec elle-même.
C’est donc nécessairement permettre à al victime de se (re)connaître, de se retrouver. De déterminer ses capacités, ses compétences et ses limites. De savoir dire oui ou non, en étant en pleine conscience de ce qu’elle exprime.

Accompagner une victime nécessite de respecter son temps, à elle. De se remettre en cause sans jamais lui appliquer un schéma de pensée tout prêt, comme une boîte à outils. C’est respecter la personne à laquelle on s’adresse, et ne pas hésiter à échanger, à partager une expérience avec d’autres professionnels lorsqu’il y a un doute, une interrogation ou une difficulté particulière;

A cette jeune femme me demandant, les yeux plein de larmes, pendant la formation, si je pensais qu’elle serait compétente, car elle ne saurait jamais si elle était vraiment prête, j’ai répondu : « Vous êtes déjà compétente. Et tant que vous aurez cette faculté à douter de vous, et à franchir ce doute pour trouver la réponse la plus adaptée, vous le resterez. »

EMAP 2
EMAP 2

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