ATTENTION, TOXIQUE !

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Depuis quelques jours nous recevons de nombreux témoignages au sein de CVP – Contre la Violence Psychologique concernant le terme « toxique ». Pour la plupart, les témoignages confirment et insistent sur une réelle toxicité de la relation lorsqu’une personne se retrouve sous l’emprise d’une autre, que ce soit au sein du couple, de la famille, ou dans un autre cadre.

Les mêmes termes reviennent : « Je me suis sentie empoisonnée. » « C’est comme si j’avais du venin qui me coulait dans les veines.  » « S’il vous plaît, avez-vous un antidote, est-ce qu’il y a un médicament ?  » « J’étouffe, je ne respire plus, c’est mortel. ».

Certains témoignages montrent en revanche le doute, la crainte que le terme « toxique » inspire.
« Pourquoi toxique ? Pourquoi ne pas dire destructeur ? Est-ce que ce n’est pas trop violent ? « 

Nous nous sommes posé la question au sein de CVP. Quel terme serait le plus adéquat, le plus judicieux pour qualifier cette relation ? Déjà utilisé par de nombreux spécialistes, à commencer par Susan Forward (Parents toxiques, ed. Poche Marabout), nous nous sommes interrogés sur ce mot qui nous vient spontanément, comme il s’est présenté à d’autres avant nous.

Toxique : parce qu’on peut en mourir, comme on peut en guérir. Toxique, car « le mal » s’infiltre plus ou moins lentement, graduellement, pour devenir peu à peu maître des pensées, du comportement, des gestes, de la vie toute entière de la personne sous emprise.
Toxique, car il se propage, conduisant parfois à des troubles somatiques, physiques, à des maladies longues à guérir et handicapantes.
Toxique car il entraîne un dérèglement. Et une accoutumance.
Toxique car nocif.

Pour citer Paul Valery : « Le mélange de vrai et de faux est énormément plus toxique que le faux pur. »

Il ne nous vient donc pas d’autre qualificatif. La relation d’emprise est toxique. Celui ou celle qui engendre cette relation l’est également, par ses agissements, avec son entourage. Et la mesure de ses actes ne peut être prise que sur le long terme.

©Anne-Laure Buffet

13 comments

  1. En effet, toxique m’apparaît à moi aussi comme le terme le plus représentatif.
    Un poison inoculé lentement et quotidiennement qui coule dans nos veine même lorsqu’on a réussi à s’échapper !
    Aujourd’hui, presque 1 an après ma fuite, je sens encore en moi les effets pervers de ce poison qui semble s’infiltrer dans chaque pensée, dans chaque décision, dans chaque réaction.
    je dois lutter au quotidien pour m’en défaire, m’en nettoyer.
    Mon fils de 20 ans m’a appelé il y a quelques jours pour me dire qu’il avait du se soustraire à l’influence d’un PN dans la faculté où il étudie. Il l’a spontanément appelé « mon poison ».

  2. Pas choquée du tout par le terme, bien au contraire, parce que c’est celui qui convient et que moi non plus, je n’en vois pas d’autres !
    Tout ce qui n’est pas bon pour la santé (physique ou morale) est mauvais, et s’il se perpétue sur la durée il met en danger notre vie que ce soit au sens moral comme au sens physique également, est nocif ou toxique !
    Cela ne vise pas uniquement les violences au sein d’un couple ; ma mère était toxique (elle l’est toujours mais je ne la vois plus), un supérieur hiérarchique tyrannique peut-être toxique et nous pourrir la vie au sens propre comme au sens figuré !

    Les gens TOXIQUES sont partout !
    Méfiance !

  3. Toxique est, à mon sens, parfaitement employé.

    Je compare la relation avec un PN à une dépendance semblable à celle de l’alcool, de la drogue, etc.

    J’ai moi-même vécu avec une PN, la violence physique en plus.

    Les « demain, j’arrête » étaient de mise dans cette relation sans pour autant y parvenir.

    Tout comme avec l’alcool et la drogue, ma volonté personnelle était annihilée par l’énergie que je dépensais à lutter contre la peur que j’avais du toxique lui-même…

    1. Je rejoins votre analyse Cézal.
      J’ai longtemps confondu amour et dépendance.
      Lorsque je me suis retrouvée seule, enfin libre, j’ai eu des crises de manques physiques qui me faisaient me plier en deux et vomir toute la journée.
      Je n’arrivais pas à oublier les bons moments (ceux qui venaient de ce que j’ai donné dans cette relation et des rêves que j’avais maintenus en vie) et à l’inverse oubliais tout le cauchemar que je venais de traverser et qui avait menacé de me tuer plus d’une fois.
      Comme le drogué cherche à retrouver la sensation furtive de sa drogue et oublie l’enfer qui entour ensuite sa dépendance.
      Encore aujourd’hui, 11 mois après, alors que j’ai compris, que j’ai tiré un trait, que je suis en train de me reconstruire, je sens parfois des remontées douloureuses de ce manque et j’ai besoin de toute ma force pour les repousser.

      1. Je ne pense pas, je ne sais pas si l’on peut en « guérir » Valérie.
        Tout comme l’alcool, la ligne infranchissable a été franchie… impossible de faire demi-tour… plus rien ne sera comme avant, très subjectivement.
        Tout comme un verre est de trop et mille pas assez pour un alcoolique, une relation de dépendance est de trop et mille pas assez pour un dépendant affectif.
        La demi mesure est un luxe que mon âme malade ne peux s’offrir, alors, ne sachant si je suis capable d’avoir une relation stable et équilibrée j’ai opté pour le célibat (à ne pas confondre avec la solitude).
        Pas de risque, ainsi, de « rechuter »🙂

  4. personnellement je divorce d’une personne dit « toxique » moi je dirais plutôt qu’il est nocif et manipulateur et qu’il faut apprendre à être vigilant envers ce genre de personne, c’est vrai que c’est très déstabilisant de vivre avec une personne comme cela, mais je vais surement m’attirer, les foudres de certains lecteurs, il ne faut pas oublier non plus que ces personnes là sont malades et qu’ils faut les pousser à se faire soigner ou les contraindre à se soigner. Enfin pour tous ceux, comme moi qui on vécu avec une personne comme ça, il faut aussi se faire suivre par un thérapeute, parler à des professionnels à des amis et laissé le temps au temps !!! mais surtout éviter d’envenimer nous même les choses, ça sera encore plus difficile de s’en sortir !! bon courage à tous, n’oubliez pas qu’un jour, vous serez à nouveau vous même !!!! blanche

    1. Pas question de vous foudroyer🙂 je connais trop ce sentiment de vouloir aider, de vouloir guérir l’autre, d’être plus forte !! Ce sont nos plus solides menottes.
      Quoi qu’il en soit de leur état, il y a plusieurs choses que vous devez prendre en compte.
      D’abord ce n’est pas à vous de le sauver, et certainement pas au dépend de votre vie.
      Et ensuite, eux ne se considèrent pas comme malades, et refusant de l’admettre, comment voulez-vous les soigner ?
      J’ai longtemps cru que l’amour pouvait guérir les plaies de mon mari, que je pourrais l’apaiser en l’aimant totalement, inconditionnellement.
      Mais c’est l’inverse qui est arrivé. Il est devenu de plus en plus pervers et moi j’ai failli en mourir.
      Quel médecin accepterait de mourir pour soigner son patient ?
      Si un PN accepte d’admettre qu’il en est un et de se laisser soigner… C’est finalement qu’il ne l’est pas vraiment.
      C’est la quadrature du cercle et c’est dans cette voie sans issue que nous avons toutes et tous foncé. C’est contre ce mur que notre volonté et notre amour ont buté jour après jour, année après année.
      J’ai donné personnellement 10 ans de ma vie à mon mari. 10 ans, tout mon agent, ma maison, ma santé, mes illusions, mes rêves. Tout.
      J’estime que j’ai aujourd’hui le droit de recouvrer ma liberté.
      Et puis peut-être qu’on peut réfléchir à une autre façon de voir.
      S’il n’y a pas de victime, il n’y a pas de bourreau, cela étant, peut-être que le meilleur moyen de les sortir de leur rôle de bourreau… c’est de refuser enfin d’être une victime, non ?🙂
      Passez une bonne journée.

      1. Tout à fait d’accord avec vous !!!
        Mais, il y a de multiples facettes à ce genre de relations – vous ne semblez parler que des relations amoureuses ; personnellement, je n’ai jamais attendu si longtemps, je suis partie avant – le dernier, je l’ai viré au bout de 9 mois !!!
        Le pire, ce sont les relations familiales – celles dont on ne devrait a priori ne pas douter ! Dans mon cas, c’est ma mère … et pire, j’essayais de retrouver cette relation avec certains hommes … Tous des PN, ma mère l’étant … CQFD !
        Des amies peuvent aussi être grandement toxiques !

      2. Je suis d’accord avec Blanchefontaine quant au fait de la nécessité d’une thérapie d’un côté comme de l’autre.

        Cependant, j’ai appris cela de mon expérience de vie avec une PN : là où il y a lien affectif ou attachement, la neutralité fait défaut : nulle ne peut être thérapeute en son couple.

        Ce constat fait, il ne reste plus qu’à se prendre en main et appliquer le : « courage, fuyons ! » ; c’est l’heure du chacun pour soi !

  5. Disons que je répondais à Blanchefontaine à propos de sa relation avec son mari.
    Il y a tant de profils différents ! Tant d’histoires différentes.
    Personnellement je n’ai vécu que celle avec mon mari, mais j’ai ma meilleure amie qui souffre d’une relation toxique avec une amie très proche et elle a bien du mal à s’en sortir !
    J’ai aussi croisé lors d’un groupe de paroles dernièrement deux jeunes filles qui étaient littéralement écrasées par un patron pervers au plus haut niveau.
    Je serais déjà bien en mal de donner des conseils à quelqu’un qui a vécu peu ou prou la même chose que moi (si ce n’est tout mettre en place pour fuir le plus loin possible), alors quoi dire à d’autres ?
    Juste écouter et tenter de comprendre. Et ne pas les laisser seuls, ne jamais sou-estimer la souffrance et la désespérance.

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