FAIRE ENTENDRE LA VOIX DES VICTIMES

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Pervers narcissiques… Un terme à la mode, terriblement à la mode… Il apparaît partout, on ne peut presque pas y échapper, et pourtant bien peu comprennent ce qu’il en est vraiment, et surtout les conséquences pour les victimes. Pourtant, les dangers sont tels qu’il faut à tout prix les entendre et les protéger.

Pervers narcissiques, vampires, monstres, harceleurs, manipulateurs, fous… Combien de faux synonymes existent-ils encore afin de qualifier ces personnes si peu dénuées d’âme, d’empathie, d’amour tout simplement, amour au sens large du terme ? Ce qui est certain, c’est que les médias tous autant qu’ils sont en parlent, en font des sujets du jour ou de la semaine ; les reportages et interviews se multiplient, les spécialistes semblent aussi nombreux que les cailloux sous les sabots d’un cheval.

Pourtant la perversion narcissique est souvent mal expliquée et donc mal comprise. Ses caractéristiques et de fait ses conséquences restent survolées, malgré les efforts de nombreux thérapeutes et professionnels pour informer largement. Les amalgames et les comparaisons nocives s’enchaînent, avec le risque concomitant de qualifier de PN untel ou unetelle qui ne l’est pas.

Pendant que l’on parle à tire-larigot de ces PN, et que l’on évoque par le biais de rares témoignages – car les victimes n’osent pas parler – on oublie le sort, justement, des victimes.

Or, le sort est terrible : incomprises, jugées, critiquées parfois car paraissant pleurnichardes ou exigeantes, se sentant coupables et honteuses, atteintes dans leur intégrité physique, psychique et matérielle, leur quotidien est proche de l’enfer.

Ce qui leur est conseillé : fuir. Certes. Mais comment, où, quand ? Et ensuite, que va-t-il se passer ? Pour certaines, les plus chanceuses, bien trop rares, le ou la PN va de lui-même s’éloigner et se trouver une autre proie. Pour les autres victimes, les plus nombreuses, partir ne signifie pas mettre un terme au cauchemar, mais le poursuivre; Après les vexations, humiliations, jugements permanents, après avoir été mises à mal, à terre, blessées dans leur esprit et leur corps, elles doivent maintenant affronter tant la colère et l’envie de détruire du PN qu’une justice qui n’y entend pas grand chose, qui protège et répare bien peu, et un corps médical souvent ignorant ou mal informé donc incapable de soigner tant le corps que l’âme.

La victime arrive avec ses faiblesses, ses échecs, sa dépréciation complète d’elle-même. Le PN pendant ce temps continuera d’user des armes qui lui sont chères : la critique, la victimisation, la culpabilisation, la séduction… Il saura ainsi faire croire habilement à tout un chacun que lui, elle, malgré tout, va très bien, que c’est l’autre le grand coupable de tout. Et le plus affreux de tout c’est que bien souvent il sera cru.

En cas de conflit et de procédure juridique, parler et accuser l’autre d’être PN alors qu’on est sa victime est presque impossible, car la peur des représailles tout autant que celle de n’être pas compris(e) rendent muets. Celui ou celle qui mettra en avant cette déviance est, le plus souvent, le PN lui-même. La victime se trouve face à un nouveau mur : devoir prouver qu’elle va bien.

Alors, plutôt que de se battre, par crainte de tout ce qu’elles vont encore perdre, jusqu’à leur santé, jusqu’à leurs enfants, elles se taisent.

Au pays des Droits de l’Homme, à l’heure où le pouvoir de la presse est inconstesté et inconstestable, à l’époque où la Justice veut se faire respecter et entendre, certaines victimes de monstres, car il n’y a pas d’autre terme pour qualifier simplement les PN, se retrouvent prises au piège d’un engrenage qui les écrase lentement, sûrement, et sans qu’elles ne puissent être entendues.

Il est temps de faire changer cela. Il est temps de faire entendre des voix. Il est temps que le monde bouge.

7 comments

  1. Ping : Bof Bof Bof
  2. Je n’ai jamais osé, en tout cas qu’à un nombre très restreint de personnes de mon entourage, avouer les moments déstructurants que j’ai pu vivre. Pour résumer : j’ai perdu ma santé, ma confiance, mon fric, mon amour et j’ai bien cru ma vie allait s’arrêter.
    J’ai 38 ans et vu de l’extérieur, c’est effectivement très facile de dire : « parles-en Olivier ». Et bien non, je n’en parles pas beaucoup. Et si vous saviez les VICTOIRES que sont les moments où mon ex-femme me parle au téléphone [sans le savoir] en présence de quelqu’un et que je peux dire : « voilà, c’est le résumé des 6 dernières années de ma vie ». Cela peut sembler très bête.
    Il n’y a pas de petites victoires et dans mon cas, je n’en ai pas fini avec les souffrances engendrées par des années d’indifférence, de désamour et de questionnement à mon propre sujet, en me disant : « c’est ma faute ».
    Faire entendre ma voix, c’est mon voeux le plus cher, mais je peux témoigner que ce processus ne peut se faire qu’en temps de paix avec soi même. Si je voulais faire entendre ma voix maintenant, je n’aurais aucune force pour me défendre, pour prouver un quotidien désastreux et déstructurant, pour prouver que j’ai été l’objet d’une MANIPULATRICE au sens strict et violent du terme.

  3. Bonsoir,
    Il faut oser en parler. Mais pour en parler c’est très difficile. J’ai été jetée dehors il y a une quinzaine de jours. Et je ne comprends plus rien. J’essaie de remonter la pente. J’ai perdu tous mes repères, mais le pire, mon fils ne veut plus me parler.
    Des fois je me dis : « J’ai fait un grand pas en avant, je ne suis pas rentrée en demandant pardon » mais à quel prix.

    1. Oui, un très grand pas en avant. Et – je suis navrée de le dire – le premier pas uniquement. Celui qui ouvre la porte à la fois à la liberté mais aussi au combat. Il va vous falloir vous battre. Pour vous. Pour votre fils; Mais vous n’êtes pas seule..

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