MORT VIVANTE – EXTRAIT 5 – À PARAÎTRE

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Les brulures d’estomac sont intenses. Je n’arrive pas à faire grand chose. Debout, assise, ou allongée, je sens cette vis qui se resserre sur mes côtes, à les broyer et m’étouffer. Je ne peux pas me tenir droite. J’ai un poids sur les épaules et il m’écrase sans cesse.

Lorsque je me sens un peu mieux, je me redresse. Je respire, profondément. La douleur diminue. Puis revient. Plus forte. M’abrutissant un peu plus. M’épuisant un peu plus. Le moindre geste, le moindre effort, je les paye pendant des heures. Rien ne me calme.

J’ai le sentiment d’être un foyer empli de braises sur lesquelles tu souffles, ne me laissant aucun instant de répit. Tu l’as allumé il y a longtemps, et tu l’as fait en prenant ton temps. Brindille après brindille, chaque coup, chaque parole que tu portais dressait le bûcher, ce bûcher qui me consume sans être vu. Tu l’allumes à ta guise, profitant de mes moments de faiblesse ou de calme. Une flamme, des étincelles, et je me plie à nouveau sous cet incendie invisible.

Lorsque le feu pourrait s’éteindre, tu souffles à nouveau. Tu as soufflé si souvent que je passe maintenant mon temps à guetter la prochaine fois ; je ne suis pas déçue…Il y a toujours une prochaine fois. Les braises se rallument. Et à nouveau, j’ai mal, je me plie en deux, je passe ma main sur mon estomac.

Je finis par m’allonger, irritée d’être handicapée de la sorte. Et l’irritation ne calme pas la douleur, elle l’excite. Avec un livre, ou dans le noir, essayant de respirer le plus calmement possible, je ne pense qu’au temps qui passe, comme si le feu qui me brule l’estomac le dévorait. Et moi, toujours allongée, de plus en plus incapable de faire quoi que ce soit.

Lorsque nos enfants sont chez moi, j’ai encore plus mal. Mal d’avoir mal au point de manquer d’énergie. Mal de me sentir mauvaise, mauvaise mère, mauvaise femme, inutile dans une société où il faut exister en permanence, être compétitif, en permanence. Réussir, en permanence.

Je prends sur moi. Je fais semblant de sourire. Les journées trainent en longueur. J’attends le soir qui me permettra de dormir. Je m’endors en pleurant de n’avoir rien fait, rien avec eux. Je suis une mauvaise mère.

8 comments

  1. On voit bien comment la douleur morale devient physique, chaque coup asséné correspond à une douleur…. Cette douleur perdure même après l avoir quitté, quand on pense à lui, quand on rêve de lui….

    1. Personnellement c’est la tension artérielle qui est montée en flèche à plus de 20.
      J’ai rendez vous dans 3 jours pour faire des séances de EMDR. Je pense que si l’EMDR a la réputation de soigner les traumatisés ( accidents, attentats,violences divers viols récents comme anciens) cette thérapie doit permettre de restaurer un psychisme perturbé par ces manipulateurs et Pervers narcissiques. Je veux le croire en tout cas. Et vous en dire=ai davantage quand j’aurai fait mes séances.
      Amicalement

  2. J’attends votre retour Christian, sachant que l’EMDR est pratiqué en effet dans la guérison des traumatismes et recommandée par des victimologues.
    C’est une technique que je connais bien et qui peut avoir des résultats tout à fait prodigieux.

    1. Je cherchais donc un thérapeute pratiquant à priori l’EMDR puisque j’avais compris que c’était vers cette technique qu’il me fallait me diriger. J’ai pris rendez vous à un thérapeute qui le pratique mais il m’a renvoyé dans mes foyers !
      Ma forte tension artérielle lui aura fait craindre que je lui explose dans les doigts peut être !
      Mais bon ! De toute faon je ne le sentais pas trop ! ça serait trop long à commenter !
      Alors je me suis tourné vers une autre thérapeute dont on m’a dit aussi le plus grand bien !
      Il m’a fallu 2 séances pour expliquer ce qui m’amène.
      Nous commencerons véritablement Jeudi des séances d’ IMO plutôt que l’EMDR qui, selon elle, correspondra mieux à ce qui m’occupe.
      En effet me disait elle, en tout cas ais-je compris, EMDR serait plutôt adapté aux traumatismes subits et violents. Guerre, accidents, catastrophes, agressions ou viols ( j’en oublie ? ).
      IMO serait,dece que j’ai compris plus adapté aux autres violences moins brutales ou soudaines comme une éducation vécue comme violente plutôt. Une relation longue avec des pervers narcissiques, une peur chronique, des terreurs enfantines.
      Qu’en pensez vous ?
      Christian
      .

      1. Je ne sais pas si on peut dire que l’IMO est plus adapté aux traumatismes causés par une personnalité toxique.
        Pour ma part je connais très bien l’EMDR et je sais les bénéfices que l’on peut en tirer ; mais je crois avant tout à l’importance de la relation créée entre le patient et son thérapeute. Et en effet il est indispensable de se sentir en confiance avec son thérapeute et si celui que vous consultez pour l’IMO, c’est déjà un point plus que positif !

        http://www.aidepsychologique.com/aide-psychologique/difference-entre-imo-et-emdr

        ce lien peut peut être vous aider si vous ne l’avez pas lu pour la distinction entre les deux techniques.

        IMO étant en lien avec la PNL, et la PNL ayant pour objectif de « reprogrammer » le cerveau qui a subi des traumatismes, ce peut être une méthode très intéressante en effet. De plus chaque cas est particulier et je crois que c’est aussi au thérapeute de voir quels traumatismes laissent la personnalité toxique… car il y en a toujours mais pour autant ils ne se manifestent pas tous de la même manière.

        J’espère avoir pu vous répondre correctement…

        Amicalement

      2. « J’espère avoir pu vous répondre correctement… »
        Dites vous !!
        Et comment !
        Et je me demande comment vous trouvez le temps de consacrer autant de temps à la Newsletter et à répondre comme vous venez de le faire (parce que j’imagine que je ne suis pas le seul à suivre vos publications.)
        Merci en tout cas !

  3. Bonjour,
    Je reviens vous donner des nouvelles concernant ma démarche thérapeutique.
    J’en suis à la huitième séance et j’ai la sensation que les choses avancent.
    Il me semble que le fait même d’apporter la matière de ce qui me fait soucis,,les éléments de mon trouble, est en soi la thérapie. Les questions que me posent la thérapeute m’invitent à répondre et en cela aller chercher en moi mes réponses.
    En, matière de « thérapie brève » j’ignore si cela aurait pu aller plus vite. Mais c’est comme ça.
    Mon paysage intérieur semble changer. Ce qui était figé se défige se dévitalise devient plus souple. La vie normale prend place. Je suis moins en crise. Je vais mieux.
    Pour autant je sens qu’il me reste du chemin à faire.
    Je n’ai pas encore recouvrer la paix perdue par les choses qui m’ont chamboulé.
    Mais je me sens en chemin et c’est une belle aventure en tout cas !
    Merci à vous aussi.
    Christian

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